Laëtitia / Ivan Jablonka

Hommage poignant et portrait sensible de Laëtitia Perrais – enfant mal née que la société n’a pas protégée : chronique d’une mort annoncéeCe récit, paru dans la collection de « La librairie du XXIe siècle », qui a déjà remporté deux prix en plus du Médicis – n’est ni un roman, ni un essai, ni du journalisme d’investigation, ni une oraison funèbre mais un peu de tout cela à la fois. En anthropologue, l’écrivain plonge dans l’univers de Laëtitia et s’interroge sur « l’énorme misère que notre société produit ». Le fait divers est traité comme objet d’histoire – en utilisant des SMS et des posts sur Facebook, des coupures de presse et des rapports de police.

Sa courte existence, Laëtitia l’a vécue dans la peur et la douleur. Née d’un père violent et d’une femme terrorisée, elle est retirée à sa sœur jumelle Jessica, à ses parents à l’âge de 8 ans. Placées auprès d’un assistant familial pervers dès l’âge de 12 ans, la malchance s’acharne. L’adolescente, serveuse, croise la route d’un criminel alcoolique et cocaïnomane, Tony Meilhon à l’enfance cabossée.

À la rigueur de l’enquête historique, Jablonka mêle l’émotion; il s’agit d’un hommage à cette jeune victime qui, malgré elle, est devenue le symbole de « la vulnérabilité des enfants et violences subies par les femmes » mais aussi et surtout d’une quête de justice et de vérité ; il rend joie et vie à une jeune femme de 18 ans, violée et assassinée dont le corps démembré a été retrouvé au fond d’un étang, près de Pornic (Loire-Atlantique), en janvier 2011. Mêlant l’enquête journalistique, l’essai de sciences sociales et une ambitieuse entreprise littéraire, Laëtitia ou la fin des hommes dépeint à la fois une personne, ceux qui l’ont croisée et un coin de France au début des années 2000 tout en décortiquant des mécanismes psychologiques, judiciaires, politiques et médiatiques.


 

2016

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