Fuzz Book / Mezzo

Plus connu des amateurs de bandes dessinées  pour être le dessinateur des albums  « Les Désarmés », « le Roi des mouches » et du superbe « Love in vain », ce magnifique artbook de plus de 200 pages retrace la production graphique de Mezzo

dans l’illustration et qui plus est, sur tous les types de supports qu’ il lui a été donné pour s’exprimer : affiches, couvertures de magazines et de romans ( les couvertures de Stephen King pour la collection Librio), pochettes et jaquettes d’albums rock, sérigraphies, fanzines et grafzines, ex-libris, cartes de vœux, portfolios, sous-bocks, étiquettes de camembert, vins et spiritueux…

Ce qui frappe à la lecture de ces illustrations, issues d’univers aussi éloignés, tient dans l’identité du style graphique de Mezzo, immédiatement identifiable, malgré les influences assumées de Charles Burns, Will Eisner, Chester Gould et du Groupe Bazooka, à suggérer des évocations fortes aussi parlantes que des cases de BD, que se soit autour de la musique, de l’érotisme ou de la science fiction. Le trait incisif et sensuel au pinceau, capable de conserver la magnificence du dessin initial réalisé à la mine de plomb, ainsi qu’un talent rare pour la composition d’images sidérantes pleines d’effroi, creusées dans la profondeur à l’encre de Chine (à l’exception des quelques illustrations en couleur), invitent le lecteur à s’immerger dans un imaginaire foisonnant, empreint au surnaturel, au goût avéré pour la transgression de la bienséance et du politiquement correct, et à l’ironie corrosive pour la condition humaine.
Mais ce qui résonne, au travers des pages de ce vaste panorama graphique, c’est l’influence de la musique rock, blues et jazz sur l’artiste.
La musique, qu’il a pratiqué au début des années 80 (et encore aujourd’hui), avant de se consacrer uniquement au dessin, lui permet de développer son style graphique avec despremières illustrationsdans Rock in stock,puis Rock’n’Folk et Best, d’êtreaux avant-postes de la scène rock parisienne ( les labels New Rose et Tutti Frutti, les groupes issus du café « Chez Jimi » : Wampas, Mano Négra, Parabellum, Soucoupes Violentes, Pigalle , Washington DC,… ) pour réaliser affiches et pochettes de disques etsurtout, denourrir l’inspiration de l’artiste sur sa table à dessin.
« L’influence de la musique dans mon travail est énorme. Tout artiste vous dira ça » […] « Le silence peut être important pour définir le projet, mais l’encrage c’est comme une danse, le pinceau c’est comme une petite jambe qui danse sur la feuille. J’écoute beaucoup de musique quand j’encre » […] « si j’écoute Iggy pop, j’aurai un encrage forcement influencé par cette musique et donc un peu plus nerveux, alors qu’avec des morceaux un peu plus lents et profonds je construis mon dessin autrement »
Extrait d’un entretien réalisé parolivier montagnier « Mezzo : la BD se dessine en musique ». Le politicailleur, 21 juillet 2012. https://politicailleur.wordpress.com/2012/07/21/la-bd-se-dessine-en-musique/.
Un regard passionnant sur le travail d’un dessinateur intransigeant et exigeant !
2016

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres

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