Autoportrait à l’hippopotame / Arno Geiger

Savoureux roman d’apprentissage, d’une délicieuse mélancolie, à la grâce mouvante et au naturel parfait, perspicace en matière de rapports humains où tout est suggéré avec retenue, sensibilité et humour.

Le narrateur Julian médite de quitter Judith mais c’est elle qui le plaque. La blessure d’amour propre est profonde d’autant que, Julian, aspirant vétérinaire de 22 ans, sans un sou, se voit réclamer le montant de loyers impayés par le père de Judith. Alors il faut partager un appartement avec Niki, une amie de sa sœur. Fort heureusement, Julian a un copain Tibor qui ne connaît aucune inhibition. Là aussi, l’amitié finit.
Pour l’été, Tibor propose à Julian de prendre sa place auprès du professeur Beham, ancien recteur de l’université, immobilisé dans un fauteuil roulant, afin de soigner l’hippopotame. Cet animal, recueilli bébé et malade dans le camion d’un trafiquant, occupe une mare malodorante, au fond du jardin et est en vérité une dame, « la Naine » , ce qui ne rend pas sa masse moins inquiétante lorsqu’il « ouvre une bouche effrayante, dilate ses naseaux, souffle, se vautre ou dort ». Julian lui apporte son herbe nourricière, nettoie ses déjections, se découvre avec lui des affinités électives. Il fait la connaissance de la fille du professeur, Aiko, journaliste en France, déterminée et capricieuse, peut-être vulnérable.
Traduit de l’allemand par Olivier Le Lay
2017

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres

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