Bariloche / Andrés Neuman

Dans l’avant-propos de ce roman envoûtant, c’est Roberto Bolaño himself qui  annonce : « (…) A supposer que rien de cela ne se produise, la littérature du XXè siècle appartiendra à Neuman et à quelques-uns de ses frères de sang. »
Nous sommes dans l’Argentine de la fin du siècle dernier, pour suivre les journées monotones de deux éboueurs portègnes. Monotones ? Pas tant que ça, et au fur et à mesure du récit la vie de Demetrio va se révéler au rythme des flashbacks réguliers. Les chapitres sont courts, donnant une cadence très forte à ce récit habité. Certains chapitres tenant sur une page sont de vraies tranches de poésie en prose :  » (…) Le froid s’égare au fond du bois. La terre s’épaissit peu à peu jusqu’à la berge caillouteuse où l’eau  clapote en éclats d’argent. Sur le rideau du ciel, des monnaies virevoltent. L’ocre des troncs se tapit dans l’ombre. (…) »
Il faut saluer l’excellent travail de traduction d’Alexandra Carrasco, qui nous donne à lire des phrases à valeur de sentences, telles :  » (…) pas franchement de mauvaise humeur, mais plutôt de cet air triomphal  qu’affichent les victimes d’une mésaventure qu’ils avaient prédite », ou encore « Contrairement à Demetrio, qui gardait un silence tout autre, avec cette indifférence de surface qui se dessine sur les visages anéantis. »

2017

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres

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