La douleur / Emmanuel Finkiel

L’adaptation cinématographique d’un roman autobiographique de Marguerite Duras publié en 1985 aux éditions P.O.L m’effrayait.

J’ai repoussé les invitations à me rendre dans une salle de cinéma la voir. Mais troublée par les souvenirs de ce roman, à la lisière de préjugés ineptes, j’ai regardé La douleur à l’occasion d’une soirée d’été. Le cinéaste Emmanuel Finkiel, réalisateur et acteur, me touchait par la richesse de sa filmographie, notamment par Voyages (1999) où la vie de trois femmes de Pologne à Paris puis à Tel-Aviv se confrontait à leur passé tragique de rescapées de la Shoah.

Plein de justesse pour ces personnages, le réalisateur nous embarque dans ce film à la dimension historique manifeste. Notre attention se porte sur l’écrivain Robert Antelme, sa femme Marguerite, auteure et résistante et l’amant, Dionys Mascolo. La seconde guerre mondiale se termine, le retour des prisonniers des camps de concentration se concrétise en une attente terrassante.

La force de ce film est liée à la puissance d’écriture de Marguerite Duras et à l’habileté du metteur en scène qui a su inscrire les mots de cette auteure à chaque prise de vues. L’écriture et les pensées se confondent. La douleur de l’attente d’un retour éventuel est bouleversante.

Un manifeste d’amour terriblement intense, d’une résonance rare.

Un cri de vie. Un cri d’envie.

A retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres

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