God bless America

8 novembre 2016 : coup de théâtre mondial sur l’échiquier politique international. Le richissime homme d’affaires Donald Trump emporte l’élection présidentielle américaine.

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Welcome in Trumpland!!!

« Une nuit d’horreur, pour beaucoup d’Américains » déclare Ryan Murphy, un des créateurs de la série, plus fine qu’elle n’en paraît, American Horror Story. Penchons nous sur ce qu’il se passe de l’autre côté de l’Atlantique comme il est toujours plus facile d’aller chercher la paille dans l’oeil du voisin…

La revue America relève d’un concept original : elle durera le temps du mandat présidentiel, c’est à dire 4 numéros par an pendant 4 ans (ou 8 si Trump est réélu). L’Amérique comme vous ne l’avez lue, annonce le titre chapeau, à travers le regard des plus grands auteurs français et américains.
https://www.america-mag.com/

La saison 8, en cours de diffusion sur FX, d’American horror story : « Apocalypse » relate l’escalade nucléaire après qu’un certain Donald se soit amusé avec son bouton plus gros que celui de Kim. Les bombes pleuvent et seuls survivent ceux dont le profil génétique est sélectionné ou qui peuvent se payer un séjour dans un abri anti-atomique facturé 100 millions de dollars. Déjà la saison 7 : « Cult », plus politique que les précédentes, dressait le portrait d’une Amérique névrosée, divisée (l’épisode 7, le meilleur de la saison, revient sur la tentative d’assassinat d’Andy Warhol par Valerie Solanas et analyse la division homme/femme consécutive à #metoo instrumentalisée par le pouvoir), avec comme thématique abordée la peur comme moyen de contrôler les citoyens. Ally est atteinte d’un syndrome post-traumatique et se révèle phobique des clowns. Elle fait alors une crise de panique à chaque vision de Donald Trump. Il fallait y penser!!!

La série foutraque, cynique et géniale Atlanta d’un autre Donald,  Glover celui-là, aka Childish Gambino, qui navigue entre la comédie et l’étrangeté, raconte le lien qui unit la scène hip hop à la communauté noire de la ville d’Atlanta comme le faisait David Simon avec Treme pour la scène jazz de la Nouvelle Orléans. Elle n’est malheureusement pas encore disponible en dvd mais nous veillons au grain.
Lorsqu’il revêt son costume de rappeur, le créateur de la série livre alors le diagnostic d’une Amérique schizophrène et dénonce le traitement sociétal des noirs et la course effrénée à l’armement dans un clip bipolaire, sidérant et percutant : This is America.

« We blew it » littéralement « On a tout foutu en l’air » déclare Peter Fonda à Dennis Hooper dans un éclair de lucidité désespérée dans la scène finale de Easy rider. Dans son road movie documentaire We blew it tourné en cinémascope, Jean-Baptiste Thoret revient sur les faits marquants de l’histoire récente jusqu’à l’accession de Trump au pouvoir (la vague hippie, l’assassinat de J.F.K., le festival de Woodstock, la guerre froide, le 11 septembre…). Il traverse avec langueur les Etats-Unis de la Californie au New Jersey en partant à la rencontre de grands réalisateurs de la contre-culture (Tobe Hooper, Paul Schrader, Michael Mann…) et d’illustres inconnus. Il dresse le portrait mélancolique, à travers une magnifique photographie et une bande son adéquate (Dylan, Springsteen, Taylor, Creedence Cleerwater Revival, Jefferson Airplane…), d’une Amérique désenchantée qui a perdu ses illusions et qui est revenue du rêve hippie un peu à l’image de la bande dessinée d’Eric Cartier, Route 78, qui retrace un épisode de la jeunesse du dessinateur : un voyage en 1978 à travers les Etats-Unis.

Même constat dans le documentaire America de Claus Drexel. Nous sommes ici plongés au cœur de l’Arizona à la rencontre des habitants d’une petite ville traversée par la Route 66, les héritiers cabossés du rêve américain qui nous livrent leurs espoirs et leurs craintes, leurs opinions sur le port d’armes, la peine de mort, les candidats Trump et Clinton… On hésite entre le rire ou les larmes lorsqu’un couple présente son bébé à la caméra et annonce fièrement qu’il sera armé dès sa maturité c’est à dire à l’âge de cinq ans. Le cliché est réalité.

L’Amérique des grands espaces à la fois fascinante et monstrueuse, l’éternel eldorado, la réussite sociale, la nostalgie de la route 66, ses villes mythiques… Les Etats-Unis d’Amérique reflètent parfois un fantasme, une folle aventure, une utopie, un désir de vivre autrement comme le décrit l’ex leader des Talking Heads, David Byrne dans son dernier album American utopia. La réalité des bas-fond semble toute autre et la face obscure de l’Amérique de Trump comme celle d’Obama, demeure avant tout celle des rednecks, des laissés pour compte, des drogués, des milices armées et racistes dépeintes dans le documentaire The other side de Roberto Minnervini.

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