Legend of funana / Bitori

« Terra pobre chei di amor
Tem morna tem coladera
Terra pobre chei di amor
Tem batuco tem funaná »

Extrait de « Petit pays » de Cesaria Evora

La musique du Cap Vert ne se résume pas à la morna ou la coladeira de Cesaria Evora même si la diva aux pieds nus a beaucoup donné de sa personne pour faire connaître au monde entier ce petit archipel au large du Sénégal. Un peu comme à Cuba, les habitants vivent au rythme de la musique de leur île.

Victor Tavares dit Bitori habite l’île de Santiago et vit aujourd’hui une destinée à la Ibrahim Ferrer ou Slow Joe. Joueur d’accordéon diatonique, il représente avec son compatriote Kodé di Dona, aujourd’hui disparu, le funaná, danse et musique des paysans et des classes populaires, propice au rassemblement et au collé-serré. Longtemps interdit au Cap Vert par les colons portugais puritains et nationalistes car jugé trop suggestif et contestataire, ils lui préfèrent la morna soit disant plus noble et conformiste. « Le funaná c’est le nom qu’on donnait à la poussière qui s’élevait du sol lorsque les gens se rassemblaient dans la rue pour danser et chanter cette musique. » (cf interview sur le site Pan african music). Il explose à la libération après 1975 et Bitori reste son dernier ambassadeur.

Programmé le 13 octobre au festival Le Grand soufflet à l’espace Beausoleil de Pont-Péan près des vestiges de la mine avec Kosmo Pilot et La Tipica Fr, Bitori du haut de ses 80 printemps et son groupe vous entraîneront irrésistiblement dans une danse endiablée sous le soleil exactement, juste en dessous.

Analog Africa, 2016.

*Traduction:

« Terre pauvre remplie d’amour
Avec la morna et la coladeira
Terre douce pleine d’amour
Avec le batuque et le funana »

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres.

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