The Florida Project / Sean Baker

Moonee, 6 ans, réside dans un motel avec sa mère Halley en Floride et sa bande d’ami-e-s. Sonnée par la gravité et la virtuosité de ce film, un choc artistique aussi dense se partage indubitablement.

Force est de constater que le cinéma indépendant sait bien sonder la nature humaine. Sean Baker, réalisateur, se détourne des règles cinématographiques hollywoodiennes pour imposer les siennes, sans concessions.

Des images aux couleurs vives et flashy qui s’opposent aux dialogues profonds et graves des personnages. Un contraste saisissant entre la précarité des habitants du motel derrière la surpuissance économique des parcs d’attractions américains.

Comment ne pas être touchée par la détresse, par la désillusion de ces gens qui subissent la crise des subprimes ? Les abandonnés du rêve américain ?

Pas de pathos mais beaucoup d’empathie, de compassion dans ce film tourné camera à l’épaule, avec grand angle et plan composé en 35 mm. Les personnages sont attachants, ils pourraient être nos potes, nos voisins, près de chez nous.

Un film saisissant, engagé, d’une originalité audacieuse. Des yeux d’enfants, ceux de Moonee, pour montrer la rudesse de la vie. De quoi nous questionner. Un film coup de poing.

2018

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres

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