Sauvages / Nathalie Bernard

« Il fallait que je continue à être exactement ce qu’ils me demandaient d’être. Je ne parlais pas algonquin, mais français. Je n’étais plus un Indien, mais je n’étais pas encore un Blanc. Je n’étais plus Jonas, mais un numéro. »

Deux mois.
Soixante jours.
Mille quatre cent quarante heures.

Voilà le temps qu’il reste à Jonas avant d’être libéré du quotidien monstrueux du pensionnat du Bois Vert. Là-bas, les jeunes amérindiens ne sont plus que des numéros et leur enfermement est justifié par la nécessité de « tuer l’indien dans l’enfant ».

Si les personnages et les lieux du roman de Nathalie Bernard sont fictifs, l’existence – peu connue – de tels « pensionnats pour sauvages » a bien été réelle au Canada, et ce jusqu’en 1996. Le premier ministre John A. Macdonald a par exemple annoncé, en 1883 :

« Les enfants indiens devraient être retirés le plus possible de l’influence de leurs parents, et la seule manière d’y arriver est de les placer dans des écoles industrielles où ils vont acquérir les habitudes et les pratiques des Blancs ».

Sauvages est un livre qui écœure et qui révolte. Alors que le jeune Jonas a encaissé les coups, les humiliations et la maltraitance pendant des années sans jamais flancher, il se retrouve contraint à devoir résister et se rebeller quelques semaines avant sa libération, mettant en péril le retour dans la forêt tant attendu.

Un roman haletant, pour les ados, mais pas que !

Editions Thierry Magnier, 2018

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres.

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