Alzheimer : de Carpe Diem à la neurologie / Roger Gil – Nicole Poirier

Une approche humaniste développée par Carpe Diem devant le constat des limites des établissements classiques mise sur les capacités restantes des malades d’Alzheimer et non les déficits, dans une atmosphère de convivialité et non de contrôle.

La directrice de Carpe Diem – Centre de ressources Alzheimer (Trois-Rivières, Québec), Nicole Poirier, et un professeur de neuropsychiatrie à l’Université de Poitiers (France),  Roger Gil,  valident l’approche de Carpe Diem – qui offre des services à domicile et un centre d’hébergement pour les personnes atteintes de l’Alzheimer, à Trois-Rivières. Tous deux avancent que l’approche neuropsychologique peut valider l’approche humaniste (sourires, lien horizontal et réciproque pour relation empathique qui fait entrer dans le monde de la personne atteinte afin d’être dans une relation d’aide authentique, regards échangés, attitude non verbale rassurante) développée depuis plus de vingt-cinq ans par Carpe Diem selon laquelle la relation est plus importante que le résultat ; celle-ci valorise la relation humaine (trouver la cause et le sens des réactions ou des comportements – qui sont les mêmes que pour une personne en bonne santé – y répondre de façon respectueuse et sensible pour améliorer la qualité de vie, reconnaître les personnes à part entière et non comme des « malades » avec troubles qui perturbent, ajuster les façons de faire pour s’adapter à la personne malade qu’il faut savoir considérer au-delà de ses déficits – donc par là-même changer le regard sur elle – s’aider des gestes (gestualité, mimique, mouvements et expression du regard appartiennent à la communication interhumaine) pour faciliter la compréhension du langage, déclencher le geste en sollicitant la mémoire procédurale (automatique, inconsciente qui concerne les habiletés motrices) – l’équipe prend son repas dans une atmosphère de convivialité  (favorisant le développement de relations de confiance, de complicité et non de contrôle) avec les résidents qui utilisent alors l’information visuelle grâce aux neurones miroirs.

L’approche globale Carpe Diem – qui tient compte autant de la personne que de son environnement et de sa famille – développée par le constat des limites des établissements classiques (médication, gestion hiérarchique, enfermement) contre la « médicalisation » des comportements fait participer la personne qui combat la maladie à la vie de la maison (ménage, courses, entretien, aménagement paysager du jardin, jardinage), accompagnée par des intervenants – sans transformer les activités de la vie en thérapies à objectifs pour en justifier le financement – lui permet de vivre au maximum de ses capacités, de sentir que sa vie continue d’avoir du sens, de se convaincre d’appartenir à part entière à une collectivité et de se sentir actrice dans son environnement social renforçant ainsi l’estime de soi. La philosophie de Carpe Diem accorde la primauté à la relation humaine, l’écoute des personnes, la compréhension de leurs besoins spécifiques, en misant sur leurs capacités restantes et leurs forces   ; elle est apte à exalter la conscience de Soi. Elle maintient le plus longtemps possible l’autonomie fonctionnelle sans séances de rééducation ou participation à des ateliers de stimulation, en éliminant les contentions et en usant des psychotropes avec parcimonie, elle stimule les ressources personnelles, elle reconstruit des interactions sociales et prolonge l’identité de l’Autre.

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2018

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