Lino Ventura et l’oeil de verre / Le Gouëfflec (scén.), Oiry (des.)

« J’ai connu une polonaise qui en prenait au petit déjeuner » Lino Ventura alias Fernand Naudin dans les Tontons flingueurs.

Les Editions Glénat lancent une nouvelle collection 9 1/2 autour du cinéma. Le premier tome rend hommage à un monstre du cinéma, le plus rital des acteurs français (celui qui dit « Aldo Maccione! » prend une baffe en pleine poire). Lino Ventura serait centenaire cette année s’il n’avait pas passé l’arme à gauche en 1987. Acteur prolifique d’une génération – il a commencé sa carrière dans les années 50 sur un coup de bluff (que je ne vous gâcherai pas ici le plaisir de découvrir) – il inspira le respect aux plus grands comme Jean Gabin.

Le parti pris des auteurs relève d’un mélange de biographie et de fiction avec le personnage créé pour l’occasion d’un journaliste gaffeur (Pierre Richard aurait très bien convenu pour le rôle si la bande dessinée était adaptée au cinéma) qui poursuit l’acteur pour lui soutirer la moindre information sur sa vie privée et professionnelle. Le dessin est réaliste et la colorisation rappelle les films de l’époque.

Que vous l’aimiez ou pas, Ventura était un grand monsieur du cinéma qui happait le cadre de la caméra et pour lequel les producteurs ont trop souvent pensé à un rôle de mafieux alors qu’il pouvait jouer n’importe qui (voyez ou revoyez Cadavres exquis – Cadaveri eccellenti en vo – de Francesco Rosi avec sa scène d’introduction mémorable tournée dans la crypte du couvent des Capucins de Palerme). Ce roman graphique exhale ainsi un agréable parfum de douce nostalgie qui rappelle les grandes heures d’un cinéma à la tonton… flingueur.

Glénat, 2019.

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres.

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