Dites-lui que je l’aime / Clémentine Autain

La députée de la France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis raconte dans une délicate lettre d’amour, simple et digne, de façon bouleversante ses rapports douloureux avec sa mère, l’actrice à la Patrick Dewaere, Dominique Laffin, décédée à l’âge christique.

Elle a nourri très tôt le sens de la responsabilité que lui a assignée la part d’irresponsabilité de sa mère, morte quand elle-même n’avait que douze ans. Poussée par ses proches, l’auteur revisite sa mémoire, découvre la face lumineuse de cette étoile filante du cinéma – dont elle n’avait pas voulu visionner les films – ne voyant en elle que sa mère, ce qui n’était vraiment pas son meilleur rôle (celui d’une maman défaillante) ; femme à la dérive qui, d’année en année, a eu plus de mal à s’occuper de sa fille tant elle souffrait de n’avoir pas été aimée. Par instinct de survie, la fille du chanteur populaire Yvan Dautin l’a mise à distance et a obstinément cherché, jeune adulte, à être son envers.

En la faisant renaître, son rapport à elle s’est transformé  ; la filiation est toute tracée : sa mère était militante dans les groupes MLF, elle dessinait dans Les Pétroleuses, un journal féministe de l’époque. L’image qu’elle garde d’elle est celle d’une comédienne très douée, très belle, qui voulait être libre et reconnue pour son talent mais se savait perçue comme un objet sexuel.

Une histoire universelle sur la manière dont on se construit contre, avec,  en dépit de ses parents – qui emprunte son titre,  d’une part au film éponyme où Claude Miller avait choisi Dominique Laffin comme interprète principale, mère d’une petite fille, comme prévu dans le scénario et d’autre part, au message que sa mère aurait laissé pour sa fille.

2019

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Vous pouvez retrouver la vidéo sur YouTube https://youtu.be/GBaJH1QYZvw