Chien ou chat ?

Du 1er octobre 2019 au 8 mars 2020, l’Espace des Sciences vous propose une exposition sur nos animaux de compagnie préférés. L’occasion de revenir sur les liens tissés dans la pop culture (musique & cinéma), avec notre supposé meilleur ami mais surtout notre plus beau miroir.

La France plébiscite toujours le chat (11 millions et environ 7 pour le chien). Comme seules les causes perdues méritent d’être défendues, nous vous avons préparé une sélection audiovisuelle canine.

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« Hier, j’étais un chien. Aujourd’hui, je suis un chien. Demain, je serai probablement toujours un chien. Bon sang ! Il est vraiment difficile d’obtenir de l’avancement. » Charles Monroe Schulz

Excepté Les Aristochats, il existe beaucoup moins de films avec des chats pourtant deux fois plus nombreux dans nos foyers que les chiens. Ne comptez pas sur Wes Anderson pour en réaliser un : « Personne n’a jamais été sauvé par un chat » déclarait t-il à longueur d’interview au moment où sortait son Île aux chiens, très influencé par un court métrage, primé à Cannes il y a quinze ans, Chienne d’histoire de Serge Avedikian, lui-même inspiré par une histoire vraie. Le réalisateur américain a juste déplacé l’histoire de 9000 kms (d’Istanbul à la ville imaginaire de Megasaki au Japon).

Pour ma part, j’aime les qualités (et les défauts) que nous prêtons aux uns et aux autres. Plusieurs films d’animation comptent des toutous à l’affiche : les incontournables Disney (Rox & Rouky, les 101 dalmatiens…), Croc-Blanc ou The plague dogs de Martin Rosen.

Dans l’excellent Ghost Dog de Jim Jarmush, on y aperçoit plutôt des… pigeons et seulement à deux reprises, dans des scènes allégoriques restées cultes, un chien errant fixant le héros Forest Whitaker.

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Dans Baxter de Jérôme Boivin adapté du roman de Ken Greenhall, nous nous retrouvons dans la tête et lisons les pensées ambivalentes d’un bull terrier. A sa sortie en 1988, ce film fit l’effet d’une petite bombe dans le cinéma indépendant et fut sélectionné au festival d’Avoriaz l’année suivante.

Bombon el perro est un road movie argentin assez contemplatif qui retrace la complicité d’un homme et de son compagnon débonnaire à quatre pattes, un dogue argentin.

Le premier film du réalisateur mexicain Iñárritu Amores perros raconte trois histoires  dans le chaos de la bonne vieille ville de Mexico que seule la présence des chiens semble réunir.

White god est un film hongrois à la photographie impressionnante (à voir les plans où une gigantesque meute de chiens envahi les rues de Budapest) sorti de façon très discrète fin 2014 et réalisé par Kornél Mundruczo. Le titre est peut-être un clin d’oeil au White dog de Samuel Fuller mais la comparaison s’arrête ici en regard d’une allégorie commune sur le racisme. Pour favoriser le développement des chiens de race, le gouvernement hongrois inflige une lourde taxe sur les bâtards. Leurs propriétaires s’en débarrassent et les refuges surpeuplés ont recours à l’euthanasie.

Enfin le récent Dogman de Matteo Garrone (le réalisateur de Gomorra), adapté d’un fait divers, relate la vengeance d’un toiletteur canin racketté et mis au ban de son quartier, dans la province de Caserte au nord de Naples, après avoir protégé et écopé d’un an de prison à la place d’un caïd violent et accro à la cocaïne.

Dans la musique, les chiens ne font pas que de belles pochettes (souvent les chiens ressemblent à leurs maîtres avec leur regard piteux et leur poil luisant et ce ne sont pas Dave ou Corine qui me contrediront) ou de grands standards du punk rock. Ils interviennent aussi directement sur les morceaux comme sur Seamus (Mademoiselle Nobs) extrait du documentaire Pink Floyd : Live at Pompeii ou encore à la fin de la version de Every grain of sand de Dylan publiée sur The Bootleg Series, Vols. 1-3 : Rare And Unreleased, 1961-1991 dans lesquels des hurlements et aboiements sont enregistrés. La figure du chien est aussi une constante dans l’œuvre de Ty Segall : « Ce que j’admire chez les chiens, c’est qu’ils ont une joie pure, qui s’incarne dans des actes fondamentaux : aimer, dormir, manger, jouer. Je crois qu’être un chien c’est la bonne vie. Ce sont les créatures les plus joyeuses. J’aime les chats, j’en ai un. Mais il ne me regarde pas dans les yeux comme le fait mon chien. Seuls les chiens te fixent du regard. Il y a de la beauté là-dedans, et tu peux avoir une véritable relation avec qui te regarde dans les yeux… Écrire des chansons sur les chiens, c’est écrire sur la joie pure et l’amour. »

Allez amis félinophiles, ne soyez pas jaloux! Comme Robert Smith, Catpower, Brigitte fontaine et le regretté Alain Bashung (qui aimait aussi les chiens), nous adorons les chats :

Et vous êtes plutôt punk à chiens ou mémé à chats? Dîtes-nous vos préférences et vos références en commentaires ci-dessous.