Au nom du bien / Jake Hinkson

Si le polar et le roman noir favorisent l’éclosion d’une critique sociale et sociétale, par des codes bien identifiables, Jake Hinkson opère de nouveau une étonnante descente dans les méandres de la religion qui compose la duplicité et la trahison, dans un rythme soulevé, impatient.

L’écriture de l’auteur, délibérément sociale, confie au·à la lecteur·rice un glacial aperçu de la chute d’une Amérique du Nord, pro-Trump, arborant une incessante et exacerbée sainteté qui n’a de certitude que la comédie, tandis que la réalité, tout autre, se noie dans l’alcool, les effluves pécuniaires et la violence. Ce roman choral, se déroulant sur une brève mais dense temporalité, presque fugitive, exorcise les douleurs et les refoulements d’hommes et femmes drapé·es dans le silence et la dignité.

Une citation qui vous veut du mal…?

– Papa, comment c’est possible qu’il y ait des gens qui pensent qu’on descend des singes ?

– Je ne sais, mon fils. Hitler a dit que si on veut que les gens croient un mensonge, il suffit de le répéter sans arrêt. Les anticléricaux ne cessent de répéter leur discours sur l’évolution et les gens l’acceptent sans le remettre en question. Ils entendent des hommes instruits avec des diplômes impressionnants qui pérorent sur les singes, les fossiles, que sais-je d’autre, et ils se disent : « Bon, je n’y comprends rien, mais je suppose que ça doit être vrai si ces types intelligents le croient. »

Éditions Gallmeister (Americana), 2019.

À retrouver à la Bibliothèque des Champs Libres.

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