Symphony no. 3, op. 36 « Symphony of sorrowfull songs » / Górecki (comp.), Penderecki (dir. orc.), Gibbons (chant), The Polish National Radio Symphony (orc.)

Le compositeur et chef d’orchestre polonais Krzysztof Penderecki est mort ce dimanche à l’âge de 86 ans, dans sa ville natale de Cracovie. L’occasion de rendre ici hommage à l’un des maîtres de la musique sérielle.

Enfant durant la seconde guerre mondiale, sa musique expressive et bruitiste est d’abord une messe contemporaine aux morts du XXème siècle d’Auschwitz à Hiroshima pour ensuite aborder, plus sagement mais toujours religieusement, la tonalité avec des thèmes plus politiques et historiques. Ses compositions ont inspiré un grand nombre de réalisateurs (Friedkin dans L’exorciste, Kubrick dans The shining, Scorsese dans Shutter Island…) et influencé plusieurs musiciens contemporains dont Jonny Greenwood, le guitariste de Radiohead et Aphex Twin.

Pour cette interprétation de la surexploitée 3ème symphonie de Górecki, composée de trois mouvements lents (l’amour maternel, une prière à la Vierge et le deuil maternel), le maître dirige l’Orchestre Symphonique National de la Radio Polonaise et qui de mieux placé pour perpétuer le lien entre classique et pop et interpréter ces chants plaintifs que la trop discrète chanteuse de Portishead ?

À rebours d’un lyrisme présent dans les versions antérieures, Beth Gibbons réussit un pari risqué dans un registre et une langue qu’elle méconnaît devant le public du Grand Théâtre de l’Opéra National de Varsovie en 2014. On pourrait reprocher à la chanteuse son manque d’expressivité mais le choix d’une vocaliste qui promène son spleen à longueur d’albums trip hop ne me semble pas incohérent. Sa fragilité vocale répond à la force émotionnelle de l’instrumentation et ce jeu de l’ambivalence n’est pas déplaisant à l’oreille.

Domino Recording, 2019.

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres.

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