Elmet / Fiona Mozley

Once upon a time in Elmet. Tel aurait pu être le titre de ce premier roman de Fiona Mozley. Elmet, c’est un territoire à part en Angleterre. Défini comme « un sanctuaire pour ceux qui souhaitent échapper à la loi » ( Ted Hughes in Vestiges d’Elmet) au XVIIème siècle, il devient dans ce conte poétique une terre de refuge, de reconstruction, un échappatoire à la violence et un retour aux sources pour John Smythe et ses deux enfants, Cathy et Daniel.

Mais peut-on seulement échapper aux autres et à son passé? Peut-on vivre de façon indépendante et assumer sa singularité, sa différence dans une société qui n’aspire finalement qu’à faire revenir dans son giron tous ceux qui auraient l’audace de croire qu’il est possible de s’affranchir de ces codes sociaux que chaque individu participe à véhiculer et à maintenir profondément ancrés en lui.

C’est tout le message du roman, une ode à la résistance, à l’émancipation et qui joue sur les contrastes entre le lyrisme de la prose et la violence des personnages, entre la célébration de la Nature et de ses règles, et l’absurdité de celles codifiées par la société des hommes dits civilisés.

C’est beau, poétique et cruel. Elmet fait partie de ces romans qui provoquent longtemps des réminiscences chez le lecteur, bien après que la dernière page ait été refermée. J’ai eu un gros coup de cœur pour le personnage de Cathy et son discours à la page 208-209 du roman est une vraie claque. Si vous voulez le connaitre, il ne vous reste plus qu’à lire le roman de Fiona Mozley.

Gallimard – 2020

A retrouver (entre autres) dans les bibliothèques du Triangle, des Champs Manceaux et de Maurepas

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