Sympathie pour le diable / Guillaume de Fontenay

Sur sa vieille Ford Sierra, dans laquelle il circulait à toute vitesse sur Sniper alley à Sarajevo, il avait écrit : Don’t waste your bullets, I am immortal (Ne gaspillez pas vos balles, je suis immortel). Blessé grièvement au bras, il est évacué en urgence mais ne se remettra jamais des atrocités de la guerre. Après une courte et prolifique carrière d’écrivain, il mettra fin à ses jours dans son appartement parisien.

Voilà. C’était ça Paul Marchand, fan des Rolling Stones, bonnet sur la tête et cohiba à la bouche, sonnant la révolte sur les antennes de radios francophones face à l’inaction complice des Nations Unies devant le génocide bosniaque. Un reporter, aguerri au Liban, qui était les yeux, les oreilles, la voix et la conscience du conflit avec d’autres reporters internationaux qui ont investi l’ancien hôtel Holiday Inn pour en faire leur quartier général pendant le siège de la capitale bosniaque assaillie par les serbes depuis juin 1992.

Un film uppercut qui rappelle qu’une guerre civile et génocidaire n’est pas toujours extra-européenne et qui rappelle aussi que la guerre n’empêche pas l’amour. Certains figurants ont connu la guerre et donnent un crédit réaliste à l’histoire romancée.

Nous avons tous rencontré un jour, dans une moindre mesure, un « Paul Marchand », un(e) écorché(e) vif-ve sans concession, jusqu’au-boutiste, frondeur-se, fou-lle, courageux-se, provocateur-rice, révolté(e) et désespéré(e) par l’injustice de ce monde. C’est à eux que ce film est dédié.

2019.

À retrouver (bientôt) à la Bibliothèque des Champs Libres et en streaming ou en téléchargement sur le site Les Médiathèques Rennes Métropole.

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