La fille de personne / Cécile Ladjali

Prague 1912. Paris 1951. Une femme cherche son père, elle rencontrera deux écrivains.

D’une richesse intellectuelle rare, ce livre s’articule entre l’intimité créatrice et tourmentée de Franz Kafka et de Sadegh Hedayat (surnommé parfois « le Kafka iranien », dont il fut aussi le traducteur), et la quête de Luce Notte, étudiante berlinoise préparant une thèse sur l’histoire des autodafés. « Fascinée par les désastres » de son propre aveu, elle devient confidente de deux hommes obscurs qui voulurent tous deux détruire leur oeuvre par le feu.

« Livre sur la quête déceptive d’un père absent, La fille de personne parle d’adoubements secrets et de liens plus forts que ceux du sang. » (Cécile Ladjali)

Luce Notte, l’allemande au nom italien, « oxymore vivant », tisse le lien à quarante ans d’intervalle entre deux auteurs que beaucoup de points rapprochent: une relation problématique au père, la contrainte d’un emploi de bureau ennuyeux quand leur idéal absolu de littérature les dévore plus que tout, la tourmente autodestructrice et leur désir de voir leurs écrits partir en fumée… Alternant entre les deux époques et les notes de l’héroïne sur les bibliothèques détruites par le feu de l’antiquité à l’époque moderne, le roman développe une vaste réflexion sur l’acte d’écriture et sur le sens de la littérature. Le personnage de Luce Notte – fictif- a une fonction symbolique très forte, trait d’union, révélateur, il interroge aussi la quête des origines.

Passionnant et vertigineux!

Actes Sud, 2020

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