Le reste n’était qu’obscurité / Jon Savage

Mon premier album acheté en disque compact fut Unknown Pleasure de Joy Division.

Beaucoup de choses furent écrites sur ce groupe de Manchester qui deviendra New Order suite au suicide de son chanteur Ian Curtis en 1980 à l’orée d’une tournée aux Etats-Unis.

Les questions existentielles, les tourments épileptiques, amoureux et spirituels du chanteur, ses références littéraires (Ballard, Kafka, Dostoïevski, Burroughs…) et cinématographiques (Lang, Herzog…), ses idoles (Jim Morrison, Iggy Pop, David Bowie…), l’esthétique gothique du groupe, son univers graphique (Spilliaert, Tschichold…), ses influences (Sex Pistols, Kraftwerk, Can, Velvet Underground…), son aura romantique et funeste, ses origines industrielles et prolétaires étaient autant de pistes pour entrer dans ma vie d’adulte.

Le journaliste et critique rock, Jon Savage collecte dans son livre tous les témoignages oraux des membres du groupe, de ceux qui l’ont côtoyé (femmes, roadies, producteurs, amis, musiciens, graphiste…) et qui ont participé de près ou de loin à l’identité de la scène post-punk mancunienne et à la construction d’un mythe. Ce qui en fait une lecture très empirique.

Si les témoignages permettent de comprendre la violence et la douleur du geste de Curtis, sa vérité lui appartient à jamais. Plus on se rapproche de la fin du livre avec son issue inéluctable, plus la légèreté des souvenirs parfois potaches d’une bande de potes disparaît pour faire place à une tristesse insondable et à un vide abyssal qui redonne tout son sens à la vie.

Allia, 2020

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres.

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