Pochettes [Vinyles] Surprises : version en ligne #4

Voici la sélection mensuelle, marquée sous le sceau de l’hommage, de quelques membres du groupe Pochettes [Vinyles] Surprises :

Le choix de Stéphane (Bibliothèque des Champs Libres) :

Le blues des racailles / Tonton David. Because Music, 1991 (ré-édition 2019).

RIP Tonton vid-da !

« Sa mort rappelle que les années 90 commencent à partir » déclarait Olivier Cachin qui l’a bien connu à l’époque de Rapattitude, la toute première compilation de rap français sortie en mai 1990.

Précurseur d’un courant qui nous fit mal aux oreilles par la suite, David Grammont n’a jamais gagné Roland Garros ni souhaité « tout le bonheur du monde » au peuple gaulois. Ancien toxico passé par la case prison, le tonton en avait sous la semelle question trimard pourtant il a su développer un message globalement positif et conscient ancré dans la culture ragga et hip hop de l’époque loin des clichés véhiculés aujourd’hui. Non pas que c’était mieux avant mais je ne m’y retrouve pas toujours dans la « hype » actuelle.

Les temps sont durs pour les rastaquouères, après Toots Hibbert (voir la sélection d’Armand ci-dessous), Tonton David, U-Roy, le père du djaying jamaïcain, c’est le dernier membre des Wailers originel encore en vie, Bunny Wailer qui vient de casser sa pipe.

Alors spéciale dédicace à tous les raggamuffins qui ont eu un peu le blues des racailles ces temps derniers…


Le choix d’Armand (Bibliothèque des Champs Libres) :

Unplugged on Strawberry Hill / Toots & the Maytals. Music on Vinyl, 2017.

Disponible sur le pôle Musiques de la Bibliothèque des Champs Libres.

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Lui aussi nous a quitté récemment. Toots Hibbert est décédé le 11 septembre dernier. C’était une des grandes légendes du reggae qu’il a contribué à lancer en 1968 avec le single « Do the reggay ». Toots a signé énormément de titres importants avec son groupe les Maytals : Funky Kingston, Monkey Man, 54-46 (was my number), Pressure Drop… Sur ce vinyle, on en retrouve une bonne partie ré-interprétés au cours d’une session assez magique. Toots s’accompagne à la guitare acoustique avec un percussionniste, une basse et des choeurs (sa fille notamment),  le tout enregistré inna di yard dans la propriété de Chris Blackwell sur les hauteurs de Kingston (à l’occasion du tournage du documentaire Reggae got soul en 2012). A entendre sa voix, on comprend comment la musique jamaïcaine est un prolongement du rhythm and blues et de la soul américaines. Difficile de rester insensible.


Le(s) choix de Mathieu :
 
Aurora / Marquis. Caroline International, 2021.
Ashes ? / Daniel Paboeuf. Il Monstro, 2021.
 

Encore une fois, c’est une production locale, et même deux, dont je vais vous parler. Sortis au début du mois de février, les disques de Marquis et de Daniel Paboeuf sont les disques qui tournent en ce moment sur ma platine.

Etant passé à coté de Marquis de Sade à la grande époque, parce qu’un peu trop jeune,  je ne pouvais passer à coté de ce disque d’autant qu’on y retrouve quelques invités prestigieux : Quelques new yorkais présents dans les meilleures formations punk de la fin des 70’s et des rennais qui ont marqué les années 80 (Daho, Dominic Sonic) viennent déposer leur empreinte sur ce disque enregistré entre paris, New York, Bruxelles et la Bretagne entre 2017 et 2020.

Mention spéciale à Ivan Julian (membre de Richard Hell & the Voidoids), Richard Lloyd (guitariste de Télévision  aux cotés de Tom Verlaine) qui jouent sur plusieurs titres et unissent leurs guitares sur « Soulève l’horizon ».

Le saxophone qui a donné sa spécificité au son des Marquis de Sade est présent sur la deuxième face du disque qui démarre avec James Chance, le New yorkais. Daniel Paboeuf, présent depuis les débuts de Marquis de Sade est bien sûr de la partie, présent sur 3 titres « Soulève l’horizon », « Glorie » et la reprise « Ocean » du Velvet Underground. Sorti le même jour qu’Aurora, Ashes ? offre le plaisir d’écouter le souffle du saxophoniste sur un disque solo. Celui qui a accompagné Marquis de Sade, Daho, Dominique A et j’en passe, sort un premier album ou il est seul aux commandes. Daniel Paboeuf nous livre ici une grande variété d’ambiances, nous secoue avec des morceaux rock accompagnés de paroles contestataires et nous berce avec des pièces instrumentales qui inspirent la mélancolie.

Pour célébrer la sortie de son disque, Daniel Paboeuf nous propose une performance scénique filmée aux ateliers du vent le 05 février, un live filmé (belle mise en scène) pour pallier à l’annulation des spectacles vivants.


Le choix de Benjamin :

Promised land / Joe Smooth. DJ International Records, 1988.

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Ce coup ci je n’ai rien a vous proposer faute de temps pour aller chez les copains et fouiller leur discothèque. Cependant je vous partage une vidéo de Konbini où Bob Sinclar montrant sa discothèque perso :

Il parle de funk, de rap, de rnb, de trip hop, de soul, de house, de garage, de BOF, de Gainsbourg et de pochettes de disques. Bref du très bon et il y a les extrait et les références des morceaux. Il a l’air sous cocaïne et de bien s’aimer mais je partage beaucoup ses recommandations musicales et ses deux premiers albums: « Paradise » et « Champs Elysées » mais moins ses productions actuelles.
Je conseille perso le morceau de Joe smooth, “Promised Land” dont il parle dans la vidéo. Morceau qui est dans la BOF du film Eden dont je vous ai conseillé l’achat du vinyle en décembre mais qui n’existe pas. Par contre celui de Promised land existe. Cela pourrait être ma recommandation de février 😉 *

*Après vérification, Promised Land n’est pas disponible en vinyle chez notre fournisseur mais le morceau de Joe Smooth apparait dans la compilation Disco Funk : Spirit disponible en disque compact sur le pôle musiques de la bibliothèque.


Le choix de Valérie (Bibliothèque des Champs Libres) :

« bffs » / Chad Eby, Ariel Pocock. [Autoproduction], 2019.

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Je vous propose un vinyle US de jazz, souvenir du dernier concert live jazz auquel j’ai assisté !
Il y a tout juste un an – une éternité –  le 5 mars 2020, au Tambour, programmé dans le cadre du festival  Jazz à l’Étage. Quelques jours plus tard, confinement et sidération, les salles fermaient.
A Transatlantic Jazz Sextet réunissait Steve Haines à la contrebasse,  Chad Eby au saxophone,  Thomas Heflin à la trompette,  Ariel Pocock au piano, Erwan Boivent à la guitare et Stéphane Stanger à la batterie.
Depuis 2016, l’Université Rennes 2 et le Conservatoire à rayonnement régional de Rennes entretiennent une relation de partenariat avec le « Miles Davis Jazz Studies Program » de l’Université américaine de Caroline du Nord – Greensboro. En 2020, l’équipe pédagogique américaine emmenée par le contrebassiste Steve Haines, revient pour une série de concerts et de Master Classes dans tout le Grand Ouest. Se joignent à eux, le guitariste Erwan Boivent, professeur à l’Université de Rennes 2 et au CRR de Rennes, et le batteur Stéphane Stanger, également enseignant au CRR de Rennes. Au programme, des compositions originales et des hommages aux musiciens de Caroline du Nord.

Il n’existe pas d’enregistrement de ce très beau moment de jazz, mais Chad Ebly et Ariel Pocock proposaient à l’issue du concert un vinyle de leur duo Bffs reprenant 2 morceaux intégrés au programme de la soirée. Sans être le duo du siècle, leur entente musicale (best friends for ever… ) est très sensible et offre de beaux moments pour les amateurs de piano / sax.
Vous pouvez découvrir la jolie voix d’Ariel Pocock et le groove de Chad Ebly entre tradition et improvisation en écoutant les trois créations disponibles sur Bandcamp  : « Not Like This » ; « BFFs » ; « The Long Haired Boy ».
Sur Youtube, un petit clip de novembre 2020 les réunit aussi en concert « confiné » :



« Pochettes [Vinyles] Surprises : ramène tes faces A et B ! »  est un rendez-vous mensuel qui se déroule sur le pôle Musiques de la Bibliothèque des Champs Libres. Durant ce moment privilégié, chacun (lecteur et bibliothécaire) apporte un vinyle de son choix (33 ou 45 tours) issu de sa collection personnelle ou celle de la bibliothèque pour une écoute collective et conviviale.

Un décret nous interdit d’inciter les usagers à se réunir à plus de six personnes. Comme en avril 2020 lors du premier confinement, nous proposons donc un P[V]S virtuel afin de retrouver les vinyles préférés de nos lecteurs (et de vos bibliothécaires). Merci à tous les contributeurs d’avoir joué le jeu !