Vie[TM] / Jean Baret

Dans un monde où pour maintenir le bonheur des humains les algorithmes dominent, nul humain n’oserait se révolter. Et pourtant, à force de se suicider soir après soir, X23T800813E616 veut renverser les algorithmes. Mais comment ?

Une science-fiction dystopique peu conventionnelle – à l’humour bien noir – où la société humaine vit dans le numérique et le digital. Personne ne sort plus de chez lui, personne n’a de fenêtre d’ailleurs. Les humains vivent intégralement connectés. Le liquide nutritif dans lequel ils se couchent chaque soir restructure leurs cellules jusqu’à inhiber la mort elle-même.

Les algorithmes forment la société de X23T800813E616, appelons-le Sylvester selon ses désirs. Avoir des milliers « d’amis » est normal, payer 200 crédits pour discuter 1 heure avec un ami est la norme, faire l’amour avec des objets connectés à des milliers d’autres humains est normal, regarder constamment des « infomercials » (équivalent de la publicité) est normal et faire tourner des cubes colorés pour qu’ils changent de couleur est un métier normal.

Plus rien n’a de sens.

Alors Sylvester va vouloir se révolter contre les algorithmes ! Il va donc prendre une surcouche identitaire de « prophète nihiliste de niveau 4 tourneur de cubes colorés », si les algorithmes acceptent. Ce qu’ils font. Commence alors son combat contre la suprématie des algorithmes, épaulé par Jésus et Bouddha – des algorithmes regroupant toutes les connaissances de l’humanité sur ces personnages. Et c’est bien étrange d’être approuvé par les algorithmes et aidé par ceux-ci pour défaire les algorithmes… Mais il ne faut pas confondre X23T800813E616 avec quelqu’un qui en a quelque chose à foutre alors il va vers son placard, ouvre la boîte qu’il y a dedans et prend son patent 626TB25 qu’il enfonce au fond de sa gorge avant de tirer.

Le Belial, 2019

À retrouver, entre autre, dans les bibliothèques de Rennes