Châtelet-Lilas / Sébastien Ortiz

Quiconque embarquera pour cette inattendue traversée ne prendra plus jamais le métro parisien de la même manière… 12, comme les travaux d’Hercule, c’est le nombre d’arrêts de la ligne 11: un par chapitre, très précisément.

Le narrateur, conducteur érudit de la rame, nous entraîne dans ce quotidien aussi absurde que poétique. Répétition des mêmes gestes, bruit, odeurs, on respire et on entend avec lui cette machinerie infernale, dont ne sait bientôt plus si elle lui est vitale ou fatale. « Sisyphe des temps modernes », ainsi se décrit-il. D’une plume érudite et divertissante à la fois, sensible et riche de références, notre homme voyage dans la mythologie, l’histoire de Paris, de la France, mais aussi, surtout, l’histoire de ses passagers.

En empathie totale avec les hommes et les femmes qui se tiennent dans son dos, il se trouve doté d’une faculté bien particulière, à la faveur d’un choc électrique survenu à la machine à café: il lui est possible, en conduisant le métro, de percevoir à sa guise les pensées des gens. Au fil des allées et venues, nous voici témoins avec lui de tranches de vie, d’ici ou d’ailleurs, d’intimités dévoilées.

Méfiance, pourtant: si les Dieux de l’Olympe accordent des dons, ils sont davantage enclins à imposer des châtiments… L’ enchanteur de la ligne 11 ne se doute pas de ce que le Terminus lui réserve!

Gallimard, 2021

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