Trois / Valérie Perrin

C’est l’histoire de trois amis à-la-vie-à-la-mort, qu’on suit sur une vingtaine d’années, de l’enfance à l’âge adulte. Et il s’en passe des choses, en vingt ans de vie, d’amitié, d’amour, de jalousies, au sein de ce trio mais aussi de leurs familles, et de ce petit village.

Dans ce roman (un pavé de presque 700 pages), deux histoires se déroulent en parallèle : celle(s) de Nina, Adrien et Etienne, en 1994, tout juste sortis de l’enfance , et celle de Virginie, en 2018, qui semble avoir longtemps côtoyé le trio. Elle prend la parole un chapitre sur deux, et on se demande bien quel a été son lien avec eux, ce qui a pu les séparer…

Ces presque-700-pages, je les ai dévorées en deux jours, happée par l’envie de savoir ce que la vie allait réserver à nos trois amis un peu cabossés, par l’envie de comprendre qui était Virginie, trouver la réponse à tous les non-dits, les secrets, qui s’accumulent en deux décennies.
J’ai été embarquée par ce trio, dans leurs petits riens d’adolescence, autant que dans les drames qu’ils rencontrent, j’ai été émue par leur amitié à toute épreuve… mais on est loin du monde des Bisounours, entre le deuil, la maladie, les mauvaises rencontres, la disparition d’une camarade de lycée qui vient semer le trouble, par moments l’histoire prend des allures de roman noir, même de thriller, et quel délice, quel suspense ! Puis on revient à des moments plus insouciants, des petits riens, et c’est beau les petits riens…

Finalement je ne saurais pas expliquer pourquoi j’ai tellement aimé ce roman, ça ne tient à pas grand chose parfois, l’émotion qu’on ressent pendant une lecture. Peut-être parce que je me suis reconnue dans certains personnages, peut-être parce qu’on est presque de la même génération, peut-être parce qu’il y a des thèmes universels qui remuent forcément un peu, peut-être parce que c’est bien écrit, tout simplement.

Ils éclatent de rire au même moment. Un rire d’enfants qui n’ont plus tellement envie d’être des enfants. Mais quand même, l’enfance c’était bien.
Pris en étau entre les bonbecs et l’avenir. Entre les bêtises et la voix qui mue. Entre les rayons du vélo qu’on fait chanter avec des bouts de carton et les rêves de longues routes à moto.

Albin Michel, 2021

Un grand coup de coeur à retrouver aux Champs Libres et dans les bibliothèques de quartier.