Fragilité blanche : ce racisme que les Blancs ne voient pas / Robin Diangelo

Pourquoi est-il si difficile de parler de racisme quand on est blanc ?

Un essai à envisager comme un véritable manuel de l’antiracisme pour détricoter et examiner les mécanismes du racisme, mais aussi comme un guide permettant de répondre aux arguments fallacieux et expressions toutes faites du genre : « Aujourd’hui on ne peut plus rien dire » ; « Je ne suis pas raciste : je ne vois pas les couleurs » ; « Quid du racisme anti-blanc ? » ; « Les enfants d’aujourd’hui sont tellement plus ouverts que nous ne l’étions à notre époque » ; « On m’a appris à traiter tout le monde pareil » ; etc.

A travers des situations concrètes tirées d’ateliers sur la diversité et le multiculturalisme menés par la sociologue états-unienne Robin Diangelo, cet ouvrage enterre pour de bon la notion de race biologique, pour s’attacher à définir et analyser le racisme institutionnel et systémique, à entendre comme un processus complexe, un phénomène social dans lequel nous sommes tou-tes socialé.es. La thèse défendue par l’autrice porte donc sur la fragilité blanche, comme le titre éponyme l’indique d’emblée. Cette fragilité blanche est à comprendre comme une sociologie de la domination, regroupant les réactions et mécanismes de défense, de déni voire de résistance utilisées consciemment ou non par les personnes blanches quand on leur parle de leur racisme. Des actes qui ne sont souvent pas perçus comme « explicitement racistes », mais ce serait oublier la société de suprématie blanche dans laquelle nous vivons, et le fait que cette fragilité blanche finit toujours fatalement par protéger, entretenir et reproduire cette suprématie blanche. Robin Diangelo encourage in fine les personnes blanches à rompre avec cette solidarité blanche, autrement dit de prendre conscience de cette blanchité et d’être « moins blanc ».

« Il nous faut continuer à nous demander comment notre racisme se manifeste et non s’il existe »

Pour approfondir cette lecture et ce sujet complexe du racisme et de la suprématie blanche, je vous renvoie à l’excellent film-essai en quatre parties de Raoul Peck Exterminez toutes ces brutes, qui est disponible sur le site de la Médiathèque Numérique et actuellement sur Arte.tv.

Les Arènes, 2020 pour la traduction française

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Bérengère Viennot, préfacé par Maxime Cervulle

A retrouver (entre autres) à la Bibliothèque de Champs-Manceaux

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