Un coup de hache dans la tête / Raphaël Gaillard

Définition du trouble mental ou psychique, tout en nuances, avec tact et accessibilité, au regard de la pratique quotidienne de ce directeur du pôle hospitalo-universitaire en psychiatrie de l’hôpital Sainte Anne.

Lorsque Diderot écrit dans le Salon de 1765 que « les artistes ont un petit coup de hache dans la tête », il condense l’idée d’un lien (de parenté et non de superposition) entre folie et créativité. Il existe des facteurs de risques génétiques, des variants de gènes qui exposent faiblement au risque. Les troubles tiennent à ce qui fait de nous des êtres humains, à notre faculté de nous représenter le monde, à nos manipulations mentales depuis l’espèce sapiens après la bifurcation avec l’homme de Néandertal.

Qu’il s’agisse de la mélancolie selon Aristote, de la tempête des passions selon les Romantiques, ou de la revendication de la liberté radicale chez les surréalistes, tous célèbrent ce lien au point de considérer la folie comme l’ordinaire des hommes exceptionnels.

Pourtant, si la créativité affleure, la maladie dessine des    « trajectoires de vie fragilisées », entrave les patients et « les livre à la souffrance ».

L’auteur a le goût du récit narratif (scansion des silences, non-dits, écoute du souffle), de la subjectivité de la personne singulière et des humanités tout en s’imposant l’objectivité de la science.

Grasset, 2022

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