L’ombre d’un mensonge / Bouli Lanners

« Avec le chef opérateur, on part de références picturales, plutôt que cinématographiques. Ici, on part des toiles d’Andrew Wyeth, un peintre américain. » B. L.

Pour son cinquième film, Bouli Lanners s’est installé sur l’île Lewis (au nord de l’Ecosse) pour tourner un thriller. Mais très vite, il écarte ce projet. Inspiré par ce territoire, ses habitants et le morceau « Wise blood » des Soulsavers, il écrit une histoire d’amour pleine de pudeur. Son écriture toute en finesse, évoque le rapport de l’homme à la nature, l’isolement, le poids de la religion presbytérienne, la brièveté de l’existence, l’importance de la mémoire…

Dans la forme, Bouli Lanners (peintre de formation) filme les magnifiques, mais rudes paysages écossais en cinémascope et alterne avec des scènes intérieures, en plans serrés laissant ainsi toute la place au jeu des acteurs (Michelle Fairley et Bouli Lanners), aux regards et aux silences.

Un très beau film dans le fond et la forme, plein d’une tendresse simple qui dresse aussi le portrait d’une femme prisonnière d’une île, d’une communauté, qui choisit de faire un pas de côté, malgré son âge et toutes les conventions, pour vivre son amour.

Ad Vitam, 2022

À retrouver (entre autre) à la bibliothèque des Champs libres

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