Notes sur le chagrin / Chimamanda Ngozi Adichie

Touchant tombeau au père ou la dimension organique du deuil, empêché par la crise sanitaire : comment la mort subite de son « dadounet originel » a laissé à l’auteure les flancs « courbaturés », la langue « d’une amertume insupportable », la poitrine lestée « d’un poids horrible et lourd », un cœur qui « bat trop vite » ainsi qu’ « à l’intérieur du corps une sensation de liquéfaction sans fin ».

Cet opuscule constitue la version longue d’un article du New Yorker qui transcrit la douleur – bien que les mots n’existent pas – et les étapes vers l’acceptation en chapitres numérotés, autant de soubresauts de chagrin.

James Nwaye Adichie a transmis à la cinquième de ses six enfants la culture et la langue igbos, essentielles à l’œuvre de l’écrivaine. En partageant sur un ton intime ses anecdotes familiales, elle rend hommage au professeur émerite de statistiques de l’Université du Nigeria, un père humble et affectueux.

Gallimard, 2021        

Françoise V. (Bibliothèque des Champs Libres)

Ce document a également été évoqué lors du groupe de lecture “Des Livres et vous” (Bruz), en voici les avis des membres :

L’avis de Véronique A.

Dans ces notes qui prennent la forme de courts chapitres, l’auteure exprime le chagrin, la rage et l’impuissance ressenties suite au décès de ce père dont elle était très proche. Elle évoque la personnalité attachante de ce ce père bienveillant et très aimant, intellectuel progressiste qui a transmis la culture et la langue igbos à ses enfants tout en s’élevant contre certaines traditions. Un récit très touchant à la fois ultra-personnel et universel, qui évoque avec pudeur le souvenir de cette figure paternelle, socle familial et référence absolue pour ses enfants.

L’avis de Laurence D.

La narratrice ne peut rejoindre sa famille et doit donc vivre son deuil seule, isolée du reste de sa famille qui vit sur plusieurs continents. Elle vit cette perte d’un être très cher, le plus cher peut être à son cœur, à distance.
Ecrit sous forme de chapitres reflétant ses émotions, ses souvenirs, ses regrets et tout l’amour et la fierté qu’elle porte à son père. Elle nous raconte à travers ses souvenirs ce qu’a réalisé son père, professeur de l’université du Nigéria, dans son pays mais aussi ce qu’il a transmis à ses enfants, en commençant par la langue igbo.
J’ai beaucoup aimé ce livre qui reflète tout à fait les émotions qu’on peut vivre dans la perte de ses parents. Ça m’a donné envie de lire d’autres livres de cette autrice à l’écriture agréable et fluide.

L’avis de Claire L.

Ce livre se lit facilement. Bizaremment, il m’a peu touché sauf vers la fin. L’autrice dit son chagrin mais je ne le ressentais pas au début de la lecture. J’aurais aimé en apprendre plus sur sa famille, sur le contexte social dans lequel ses parents vivaient au Nigéria. En revanche, ce que j’ai trouvé positif, c’est qu’elle donne envie d’en savoir plus sur son pays d’origine.
C’est également un bel hommage à un homme et à ses valeurs. On touche là à l’universel.

L’avis d’Annie H.

C’est un récit très personnel mais qui nous touche par son universalité : comment faire le deuil d’un être cher ?
L’auteur nous parle aussi de la culture et des coutumes du Nigéria. À lire


À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque des Champs Libres et à la Médiathèque de Bruz

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