L’avocat de Charlie Hebdo argumente avec force et humour pour défendre nos libertés sans jamais ne rien lâcher : profond, léger et salutaire.
Lire la suite : Après Dieu / RICHARD MALKAPlus qu’une formidable plaidoirie en faveur des victimes du sectarisme et des fanatismes en tout genre, un éloge musclé de l’irrévérence et de l’apostasie, une vibrante lettre d’amour à Voltaire (1694-1778), champion de la défense de la laïcité – « produit le plus abouti des Lumières, un don, un espoir, une promesse d’avenir pour le monde », même s’il ne gomme pas ses dérapages (antisémitisme, homophobie, appui indirect à l’esclavagisme).
Cette laïcité qui l’a autorisé, lui, le petit juif marocain à ne regarder ni ses origines, ni ses différences ; il s’interroge sur l’avenir du combat laïc. Il y observe avec inquiétude que l’islamisme s’est engouffré dans le vide spirituel laissé par l’effondrement du christianisme. Il regrette que les forces laïques se contentent d’une posture défensive au lieu de proposer « une ambition, une forme de transcendance laïque et républicaine ».
Disciple de Robert Badinter et Georges Kiejman, Richard Malka a choisi le Panthéon (en grec « de tous les dieux »), monument initialement bâti pour abriter les reliques de sainte Geneviève – la protectrice de Paris – pour avoir le privilège d’apostropher l’âme d’un autre pourfendeur de la religion, Voltaire. Il fait appel à Zola, Hugo, Gambetta, Malraux. Poignant, il se confie sur les attentats, ses « morts », ceux de Charlie, d’autres encore, sa famille ; provocateur, il revendique un athéisme rieur assorti du « droit d’emmerder Dieu » ; vibrant, il fait l’éloge de la France.
L’auteur invite à poursuivre le combat contre l’obscurantisme, le prosélytisme, le communautarisme, contre la religion dogmatique, politique, celle qui ordonne, refuse toute émancipation, maintient en état d’esclavage, constitue un instrument du pouvoir et de domination au service de gourous prédicateurs ou d’illuminés terrifiés par l’idée de perdre leur pouvoir sur les femmes et les minorités – lui qui a fait de la loi de 1881, définissant les contours de la liberté d’expression, sa bible.
Cet essai stimulant est lauréat du XVIIIe prix de la Revue des Deux Mondes pour sa pertinence dans le débat d’idées contemporain, du prix Jean Zay 2024 et du prix Transfuge du meilleur essai 2025.
Stock, 2025
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