« Longtemps, je n’ai rien eu à dire sur ma mère. Elle tenait dans une poignée de faits et quelques injonctions.» extrait
Jakuta Alikavazovic est chroniqueuse au journal Libération et prix Goncourt du premier roman 2008 pour Corps volatils.
En assemblant des fragments de souvenirs, enrichis de son talent de romancière, elle tente de répondre à la question : que reste-t-il de cette vie d’avant ?, jusqu’à faire émerger une vérité. Elle s’interroge sur la transmission en nous proposant un portrait de sa mère récemment décédée.
Dans une langue singulière, elle reconstitue par touches l’histoire de cette poétesse yougoslave qui fuit son pays dans les années 70 pour s’installer à Paris. On y découvre une femme effacée, dévouée à sa fille et qui perdra, au fil des années françaises, le goût de l’écriture.
Dans un entretien elle déclare : « Au fond, je pense que le grand sujet de tous mes livres, c’est : quelle est exactement la part de fiction dans nos vies ? A mes yeux, elle est toujours plus grande qu’on ne croit. »
Au final, ce roman traduit les sentiments d’une fille pour sa mère, et témoigne de l’héritage laissé, souvent inconscient, que l’on découvre avec le temps.
Gallimard, 2025
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