D’emblée, une épure vocale soutenue par un orgue installe une atmosphère suspendue, hors du temps, presque dérangeante tellement elle nous inonde de références. Cet orgue ne disparaîtra jamais vraiment, il reviendra par touches, comme un motif fantôme qu’il faudra apprivoiser.
Le titre de l’album « Aile tordue » et ce décor sur la pochette, avec ce cavalier perdu dans une forêt nocturne donnent le ton. Les frères Barnett nous invitent à les suivre dans un nouveau conte obscur, presque inquiétant pour accomplir un rituel où la musique semble convoquer le mystique. La voix qui occupe une place centrale est bien plus qu’un simple vecteur de texte. Elle devient un instrument à part entière à grands recours d’intonations harmonieuses, spectrales à la manière d’un crooner à la David Sylvian. Les structures rythmiques complexes, parfois tribales et répétitives, donnent une cohérence globale à l’esthétique austère et la rigueur post-punk des jumeaux de Southend-on-Sea.
Les New Puritans semblent plus que jamais obsédés par la perfection et le souci du détail. Le résultat de leurs explorations sonores donne un album à la fois sombre et clinique, mais surtout profondément incarné.
Domino / 2025
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