echappées

Echappées / Manon Jouniaux


Sur une île, une châtaigneraie, dans laquelle vivent sept femmes et leurs enfants, sous l’œil d’Anita propriétaire des lieux.

Toutes travaillent sur l’exploitation, entretiennent les arbres, récoltent les châtaignes, les enfants sont scolarisés. Une belle entente semble régner dans ce lieux idyllique, mais les relations se tendent parfois et les secrets bien gardés vont être dévoilés.

2024 – Grasset

L’avis de Gérard C.

D’une écriture magnifique, Manon Jouniaux nous immerge dans l’ambiance de ce lieux insolite. Elle nous fait découvrir petit à petit les raisons de cette étrange cohabitation, pour nous amener à une fin inattendue. Elle nous fait témoins des états d’âme, des violences contenues, du plaisir d’être ensemble, des rires, de l’amour des femmes pour ces enfants, et de leurs exaspérations aussi.
Et lorsque nous découvrons les raisons de la présence de ces femmes dans ce lieu protégé nous nous sentons encore plus impliqué, comme lecteur mais aussi comme humain. C’est un excellent premier roman.

L’avis de Bérangère G.

Rythmée par les quatre saisons, la vie dans cette châtaigneraie suit une cadence cyclique, donnant à chaque période une tonalité particulière. En été, l’insouciance règne parmi les enfants, qui jouent, rient et découvrent un monde de liberté presque sauvage. Mais à mesure que l’automne s’installe, les souvenirs douloureux resurgissent, accompagnés de secrets et de non-dits qui planent au-dessus des soirées où l’alcool et les cigarettes réchauffent les âmes.
L’hiver est rude, à l’image des épreuves qu’ont traversées ces femmes. La châtaigneraie, personnifiée, devient un symbole de cette vie à la fois dure et protectrice : épineuse à l’extérieur, mais douce à l’intérieur, comme la châtaigne elle-même, évoquant la dualité entre la violence et l’amour. L’arrivée du printemps semble annoncer un renouveau, mais aussi questionne les personnages sur les limites de leur engagement : jusqu’où sont-elles prêtes à aller pour protéger leurs enfants ? Et combien de la violence héritée du passé continue de se transmettre aux nouvelles générations ?

À travers les yeux des enfants et d’adolescentes, on perçoit la tension entre l’innocence des jeux et l’ombre des traumatismes qui hantent les adultes. Le travail dans la châtaigneraie est minutieusement décrit, devenant un écho de la dureté de la vie des femmes. La symbolique du châtaignier — avec ses bogues épineuses et ses fruits doux — incarne le cœur du roman : une lutte entre la protection et la souffrance, la dureté apparente et la douceur cachée derrière les épines.

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque de Bruz
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