ou comment parler du deuil et de la tristesse à hauteur d’enfant.
Cette histoire c’est celle de Félixe. Et de sa maison qui se balade la nuit.
Une maison qui se balade c’est pénible : on ne sait jamais où on est, on se réveille toujours dans des endroits inconnus, on n’a plus de repère… Mais Félixe s’en fiche. Car Félixe est triste. Elle passe sa journée à dormir, elle ne mange pas et n’a jamais envie de rien faire.
Jusqu’à l’arrivée de Mi, puis de Prune, suivie de Diane et enfin de Bébé. Des petites créatures trouvées au gré des voyages de la maison, qui apporteront à Félixe des tout petits riens mais qui pourtant font tout : de la motivation à sortir dehors, une raison de cuisiner, une nécessité de parler de ce qui ne va pas… Chacun à leur manière, ils répondront à un besoin, entre colère, résignation, déni, acceptation, résilience. Ils accompagneront Félixe à son rythme, jusqu’à ce que la tristesse qui l’enveloppait ne soit plus le sentiment dominant. Nous suivons avec délectation le parcours de Félixe et de ses acolytes dans son processus de guérison.
A la manière d’un conte initiatique, l’autrice-illustratrice québécoise fait preuve d’une justesse ahurissante, en abordant sur la pointe des pieds mais sans tabou, cette thématique de la dépression. C’est drôle, touchant, sensible et délicat.
Chaque génération y trouvera son compte grâce à des clés de lecture différentes. Cette BD est autant accessible pour les jeunes lecteurs, que pour les enfants plus âgés voire même pour les ados ou les adultes qui y comprendront tous les enjeux.
C’est mon deuxième coup de cœur sur une œuvre de Sophie Bédard après Il y a un loup dans la chambre de mamie et autres bizarreries nocturnes, et je suis sûre que d’autres suivront !
La ville brûle, 2022
À retrouver (entre autre) à la médiathèque d’Acigné
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