la joie ennemie / Kaouther Adimi

En passant une nuit à l’Institut du Monde Arabe, l’autrice se laisse rattraper par son passé devant une exposition consacrée à Baya, figure lumineuse de la peinture algérienne.

L’Algérie est le point commun entre les deux femmes, l’Algérie coloniale puis indépendante pour Baya, celle de la décennie noire pour l’auteure, enfant à l’époque.

Stock – 2025, (Ma nuit au musée)

L’avis de Claire L.

Lecture émouvante et passionnante. Comme toujours dans cette collection ‘Ma nuit au musée’, le lecteur comprend petit à petit le choix du musée où l’écrivain.e a accepté de se laisser enfermé.e une nuit entière. C’est d’avantage face à leurs propres fantômes qu’ils se retrouvent que face à ceux qui se glisseraient par les sorties de secours ou derrière les tableaux…
Quel destin extraordinaire pour une enfant issue d’une famille algérienne que de subir le choix des parents qui décident de quitter la France et de rentrer au bled au début de cette terrible période d’attentats que furent les années noires ! L’autrice tricote la narration de cette époque terrible – et plus largement depuis l’Indépendance – avec celle de sa nuit au musée et de la vie de Baya dont les tableaux lui ouvrent un chemin cathartique. Le récit est très vivant, la lecture fluide. Amoureux de l’Algérie ou pas encore, plongez-vous dans cette lecture !

L’avis de Bérangère G.

Très belle réussite du nouveau roman de la collection Une nuit au musée des éditions Stock.
À travers la peintre Baya, Khaouter Amini explore les années noires du pays (années 1990), marquées par les attentats et la violence. Elle interroge la reconstruction de soi après la guerre, le rapport au corps et à la transmission.
Baya, artiste lumineuse mais discrète, symbolise la résilience :  » J’ai beaucoup admiré l’espèce de miracle dont témoigne chacune de ses œuvres. Dans ce Paris noir et apeuré, c’est une joie des yeux et du cœur. » (Albert camus parlant de sa 1ère exposition à Paris en novembre 1947). Derrière cette apparente gaieté, le corps garde les traces des silences, de la peur et des non dits.
Le roman aborde aussi le choix du retour : pourquoi revenir quand tant fuient ? À travers le père, attaché à son pays et à son devoir, Khaouter Amini évoque l’amour complexe de l’Algérie.
C’est un texte émouvant, empreint de douceur et de douleur, qui mêle art, mémoire et liberté. On en sort bouleversé, conscient que, pour vivre, il faut parfois mentir pour transformer la souffrance en lumière.

À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque de Bruz
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