« C’est à partir de l’abîme d’ignorance dans lequel nous vivons que l’écriture devient possible. » LM
Une mise en place progressive et lente, et l’on plonge dans cet ample récit de plus de 700 pages qui puise ses sources dans le roman familial et social du XIXe siècle. A la 1ère personne, Laurent Mauvignier nous invite dans sa « Maison vide » et son histoire familiale qu’il retrace sur trois générations, traversée par deux guerres mondiales, et vue du côté des femmes. C’est aussi le prétexte à une réflexion sur son travail d’écrivain, de « compositeur » d’histoires.
Malgré ses phrases amples, déliées, et qui semblent parfois ne jamais finir, il parvient à captiver notre attention avec ses personnages justes et d’une grande finesse psychologique.
« Mes phrases sont ponctuées par les virgules, les tirets, tout un tas de systèmes, qui font que le point n’est pas forcément la solution. J’ai l’impression, quand on met un point trop vite, qu’il nous manque quelque chose à l’intérieur de la phrase, et que rythmiquement aussi, ça ne marche pas. Le point tue toujours quelque chose. Pour moi, un point, c’est important. On ne le met pas comme ça. »
Avec ce dixième roman, Laurent Mauvignier réussi le défi de faire de cette histoire familiale un livre qui questionne sur l’organisation sociétale, les rapports familiaux et humains, la place de l’art…, bref un livre sur nos vies. Du grand art !
Les Editions de Minuit, 2025
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