A moins de vivre reclus, loin des bouleversements récents du monde, nous sommes tous témoins et confrontés à cette banalisation de la mort, telle que la décrit Dominique Eddé. La mort est devenue omniprésente dans la société, à travers les médias, les images de guerre ou d’attentats. Cette exposition constante transforme la mort en information, en chiffres voir même en spectacle sur les réseaux sociaux.
Originaire du Liban et vivant à Beyrouth depuis 2016, Dominique Eddé possède une connaissance approfondie des enjeux, des tensions et des dérives actuelles au Moyen-Orient. À partir de la tragédie israélo-palestinienne et des violences et souffrances infligées à la population de Gaza, elle dénonce le réveil tardif des Européens et une communauté internationale qui accepte un tel degré d’horreur. Dominique Eddé critique également les défaillances du langage politique. Elle explique que les mots utilisés ne décrivent pas toujours correctement la réalité. Certains mots sont instrumentalisés, dévoyés ou encore interdits. Ils deviennent incapables de transcrire le réel et contribuent même à le masquer. Ils participent aussi à la fabrication de la haine à force de simplifier, d’enfermer et de produire de la confusion. Pour Dominique Eddé, il est plus que jamais important de réfléchir contre les évidences, les amalgames et les simplifications idéologiques, ne pas se laisser enfermer dans un récit unique et une pensée binaire qui nourrit la haine et la perte d’empathie ; ne pas hiérarchiser les vies et refuser de justifier la violence, quel que soit le camp.
Le récit avance par fragments, mêlant réflexion politique, références littéraires et questionnement plus intime. Chaque phrase et chaque mot est choisi avec précision et mesure.
Un livre à mettre entre toutes les mains !
Les liens qui libèrent / 2025
À retrouver (entre autres) dans les Bibliothèques de Rennes.
Vous êtes abonné dans une autre bibliothèque de la métropole ?
Consultez son catalogue.


Laisser un commentaire