Le destin de deux « Penn Sardin », meneuses lors de la plus grande grève féminine, en novembre 1924, chacune avec son tempérament et son histoire, pionnières qui ont osé se dresser contre l’oppression des traditions à la fois religieuses et sociétales. Le lecteur a l’impression de vivre heure par heure, jour par jour, ses enjeux, manipulations – notamment avec le maire qui joue un double jeu – ses moments de joie, mais aussi d’amertume et les faux espoirs.

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La blonde, Rose, paysanne de 17 ans, obligée de quitter Tréboul pour travailler à la conserverie de sardines de Douarnenez – la ville odorante de l’autre côté du pont de pierre – après la mort en couches de sa mère. La brune, Louise, orpheline et veuve de 22 ans d’un syndicaliste cheminot, rouge et Républicaine, à la voix divine, « une volonté en marche ». De cette amitié amoureuse, de cette admiration réciproque, naît un grand amour et des pages pleines de sensualité.

« Après l’ivresse de la lutte », les deux femmes vont se séparer jusqu’au jour où la vie les mettra de nouveau face à face : l’une sera rattrapée par son éducation (être mère, ne plus être pauvre ni travailler à l’usine en épousant « l’Emile », pêcheur de langouste sur les côtes de Mauritanie), l’autre résiste et côtoie à Paris la bohème de l’entre-deux-guerres chez la comtesse délurée Victoria Galleron de Marques où elle travaille comme employée de maison.

Ce roman historique d’émancipation, servi par un joli sens du portrait, se dévore avec colères et infuse une sacrée énergie.

Mialet Barrault, 2024

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