Cette année le « Tape à l’œil » devient le « RDV des livres extraordinaires » et nous étions heureux de vous retrouver jeudi 28 novembre pour vous donner accès aux pépites de la bibliothèque.
La quatrième saison de ce rendez-vous est à nouveau l’occasion d’échanger autour de livres anciens, de collections rares sorties des réserves, d’œuvres d’artistes contemporains, de formats ou techniques atypiques.
Après les fanzines, nous avions choisi un thème inédit dans le rendez-vous : les livres sans textes.
Cette idée est née en regardant l’intervention d’étudiantes des Beaux-Arts de Rennes pendant la biennale Exemplaires. Vous pouvez la retrouver en ligne et elle a également fait l’objet d’une petite publication que vous pourrez bientôt retrouver au catalogue de la bibliothèque des Champs Libres sous le titre « Madeleine : les livres sans texte (ou presque) ».
« Madeleine » (de Proust) montre bien que les livres sans texte ont un lien avec les souvenirs d’enfance, le temps où on regarde les livres sans déchiffrer l’écrit. Ils appartiennent aussi au monde du non-dit et, comme tels, apportent leur lot d’angoisses et de climats sombres.

Nous avons d’abord évoqué un genre développé dans les années 20 et 30 et considéré aujourd’hui comme un ancêtre du roman graphique : les romans sans paroles. Il s’agit de recueils de gravures (sur bois, principalement) avec des histoires souvent engagées et didactiques montrant des hommes et des femmes luttant contre la misère et les oppressions sociales qu’ils subissent. Parmi ceux qui ont maîtrisé ces récits appréciés à l’époque, on trouve le Belge Frans Masereel, l’Américain Lynd Ward ou encore l’Allemand Otto Nückel. L’histoire du genre est expliquée dans « Le Roman graphique » de David A. Beronä et dans Gravures rebelles édité par L’Echappée en 2008.

Actuellement, les éditions Martin de Halleux se sont lancés dans la réédition des oeuvres de Masereel. Elles ont aussi initié une collection d’histoires en 25 images inspirées de son travail. On y trouve des titres de Landis Blair ou Thomas Ott qui a régulièrement produit des histoires sans paroles aux ambiances effrayantes. Martin de Halleux a aussi publié les gravures du Suisse Félix Vallotton, prédécesseur de Masereel.


Sur un ton plus léger, nous avons parcouru quelques livres jeunesse récents :

. les livres de Matthias Picard comme Jim Curious et JeanJambe qui proposent une 3D vraiment magique,

. le très poétique La Perle d’Anne-Margot Ramstein,

. le contemplatif L’Eté dernier de Jihyun Kim,

. l’expérimental Panorama de Fanette Mellier,

. et enfin Nos Vacances de BlexBolex, entre le livre pour adultes et le livre pour enfants où l’on retrouvait le côté sombre du non-dit.
Pour les livres du Patrimoine, nous avons pu feuilleter :

Carnet de voyage R.E.W. 2 de Raymond Emile Waydelich

Vieilles cours et vieux toits de Rennes de Théophile Lemonnier

A travers de France de Ranchin

Du noir au blanc de Frans Masereel
Le prochain RDV se tiendra le jeudi 19 décembre, autour du canapé rouge au 5ème étage de la bibliothèque. Pour annoncer Noël, on parlera livres jeunesse anciens et nouveaux.
Les articles des précédents RDV sont disponibles ici.
Le RDV des livres extraordinaires fait partie des Découvertes du jeudi de la bibliothèque des Champs Libres. Vous nous retrouvez en alternance avec les Pochettes vinyles surprises et le Parlons BD.


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