Histoire romancée – faite de sororité, de coups bas, d’enthousiasme, de pugnacité, de professionnalisme – du quotidien de presse généraliste (aux sujets internationaux, politiques, culturels, sportifs, sociaux et même masculins comme la guerre, la Bourse ou la marine), conçu, rédigé, imprimé et administré exclusivement par des femmes, au titre batailleur La Fronde, publié en 1897, autour de la figure de Marguerite Durand.
Cette dernière – dont une bibliothèque porte son nom dans le XIIIe arrondissement de Paris – entrée à la Comédie-Française avant de devenir journaliste au Figaro, côtoie Georges Clemenceau, Emile Zola, le député René Viviani, le baron Gustave de Rothschild. Pour mener à bien son projet, elle s’entoure de l’éditorialiste Séverine, l’éditrice Germaine Rouquette, la juriste chevronnée Jeanne Chauvin qui deviendra, en 1900, la première avocate.
L’auteur décrit une succession d’embûches que celles-ci doivent surmonter : depuis les premières formalités jusqu’à l’embauche de journalistes, à une époque où les femmes n’ont pas plus le droit de vote, que celui d’accéder à la Chambre des députés ou à la Bourse. En passant par le recrutement d’ouvrières du livre alors que le travail des femmes, la nuit, est interdit, et que le puissant syndicat y est fortement opposé.
Rythmée et instructive, cette fiction qui montre la force de caractère, l’audace créative de ces pionnières d’« un journalisme qui ne se soumet pas » – tout en donnant à penser et en montrant la conciliation de la féminité et du féminisme – semble tendre un miroir grossissant à certains faits de société, bien contemporains, ceux-là : la nature de la résistance ne change pas…
Istya & Cie, 2026
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