Like A Ribbon semble suspendu dans une atmosphère d’apesanteur qui s’étire sur toute la longueur de l’album. Cette sensation découle du rythme singulier de la voix de John Glacier, qui s’étire comme une longue plainte narrative ininterrompue. Cette diction marquée par la lassitude s’impose dès les premiers titres comme une véritable signature
En choisissant un prénom de scène masculin, John Glacier joue avec l’ambiguïté de genre. Sa poésie linéaire, abstraite et semi-chantée se déploie en parallèle à un long ruban de sons et de glitchs lo-fi. Elle questionne les thèmes de la survie, de la pression sociale, de l’identité et de l’émancipation. Dans une interview, Glacier explique que cet l’album débute avec « les prémices d’une idée de devenir quelque chose » pour s’achever sur « un sentiment de consolidation de soi ».
La matière sonore, parfois proche de l’esthétique de la techno Ambient minimale avance sans jamais plier : elle ondule et serpente mais demeure stoïque, uniforme, presque impassible. Comme habitée par un objectif, une logique froide et constante. Et pourtant, le disque est étonnamment facile d’accès malgré son austérité apparente. La production de Kwes Darko y est sans doute pour quelque chose et son travail impressionne par la cohérence qu’il confère à l’ensemble.
À la croisée du hip-hop expérimental et de l’Ambient, John Glacier choisit de murmurer sa trajectoire pour mieux l’affirmer de manière insidieuse.
Young Turks / 2025
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