Tape à l’œil #20

Focus sur l’édition de photographie sociale pour ce premier Tape à l’œil de l’année, en présence de deux intervenants : Yves Drillet, fondateur de la maison d’édition Nouveau Palais et Esther Layet, ancienne étudiante du Master Métiers du livre et de l’édition à l’Université de Rennes 2.

Comment représenter l’exil en photographie ? Comment retranscrire en images le vécu des personnes qui migrent et les lieux qu’elles traversent ? Quels choix de fabrication permettent d’en rendre compte ? Pour y répondre, nous nous sommes appuyés sur deux publications présentées par leurs éditeurs :

En 2015 et 2016, Sybille Fendt a photographié les camps d’accueil de réfugiés allemands vides. S’appuyant sur son travail, deux philosophes examinent les liens ambivalents entre photographie, migration et exil. Croisant les approches esthétique et politique, elles questionnent le désir d’invisibilité des migrants, l’esthétisation et l’institutionnalisation de la photographie. Nouveau Palais, 2023. Édité par Yves Drillet.

Quentin Bonadé-Vernault présente un témoignage sur les conditions de vie des exilés à Rennes depuis 2019 et les luttes déployées pour défendre leur cause. Occupation et expulsion de squats, campements et hébergements solidaires, manifestations pour le droit au logement et parloir sauvage au centre de rétention administrative de la région… Autant d’événements qui permettent de poser des visages sur un processus à l’œuvre depuis des décennies : la crise migratoire politique et climatique. Et la recherche d’une vie digne. Place à la photographie dans un livre qui retrace plusieurs trajectoires de vie dépendantes du même sort : celui de la législation française et de la répression des autorités. Tirage de têtes, 2023. Édité par Esther Layet.

Suivi d’une sélection bibliographique de photographie sociale, sur l’exil mais pas que :

Successions de portraits de personnes en situation d’exil, demandeurs d’asile ou réfugiés. La photographe donne à voir le quotidien d’une attente longue et douloureuse et fait dialoguer l’intériorité des migrants avec les paysages qu’ils traversent.
Photographies et entretiens rendent compte des milliers de Népalais partis au Qatar pour construire des infrastructures de la Coupe du monde de football de 2022. Ces clichés témoignent de la dureté de leurs conditions de vie.
Une série de clichés représentant une cinquantaine de migrants dans les abris qu’ils se sont aménagés à bord de l’Aquarius ou dans la jungle de Calais, au sein des camps de réfugiés ou dans des campements de fortune en Italie, en Grèce, en France et en Allemagne.
Marseille, le 5 novembre 2018. Deux immeubles s’effondrent rue d’Aubagne, causant la mort de huit personnes. Le photographe donne un visage et une voix à ces personnes victimes du mal logement. Coup de cœur d’Esther.

Recueil photographique autour du territoire breton qui offre un dialogue visuel entre deux phénomènes, les vestiges du Mur de l’Atlantique et les free parties. La photographe interroge les différentes manières d’occuper des espaces.
Histoire de la révolte survenue dans la prison d’Attica le 9 septembre 1971, suite à l’assassinat de George Jackson, un membre des Black Panthers. Les détenus font entrer des journalistes et des artistes qui suivent la mutinerie.

Yves Drillet a également présenté le livre auto-édité « Tout va bien Maman » de Sandrine Marc. Plus d’informations sur le site de la photographe.

Retrouvez le catalogue de Nouveau Palais à la bibliothèque et leur parution à venir sur leur site :

Des jeunes gens dans leurs uniformes d’emplois précaires. Il y est question de la manière dont ils parviennent à faire face, malgré un travail éloigné de leurs aspirations.
En s’appuyant sur les travaux du philosophe Ivan Illich, le photographe s’interroge sur la pandémie de la Covid-19 et sa gestion par les États occidentaux.
Recueil de portraits de Julia, la sœur du photographe, pris durant une douzaine d’années, accompagné d’une nouvelle
où le jeune Achille tombe amoureux d’Augustin lors d’une saison estivale. Une ode à l’adolescence.

Prochain rendez-vous Tape à l’œil jeudi 15 février à 17h30 avec les étudiants en Design Graphique de l’école des Beaux-Arts.

Autour du canapé rouge au cinquième étage de la bibliothèque, c’est « Tape à l’œil » : venez partager des livres qui vous ont plu, surpris, captivé par leurs qualités visuelles (format, graphisme, mise en page, illustrations etc.). Chacun peut amener son livre : pas de limites de genres ni de sujets. On peut parler livres pour enfants, livres d’arts, infographies, couvertures de roman, pop-up, albums… Et à chaque séance, en bonus, nous vous présentons des acquisitions récentes de la bibliothèque et des livres des collections patrimoniales.

Le rendez-vous “Tape à l’œil” fait partie des découvertes du Jeudi de la bibliothèque des Champs Libres : une plongée dans les collections, en compagnie des bibliothécaires, pour en découvrir les trésors (bandes dessinées, vinyles, livres d’artistes…).

Les précédentes sélections de Tape à l’œil sont disponibles ici.

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