En Angleterre, de nos jours. Cherry, 48 ans, infirmière dans le public, retrouve le cadavre d’un jeune migrant africain, Omar, échoué sur la plage, une photographie plastifiée fermement serrée entre ses doigts.
Sur la photo, une jeune fille brune avec un bout de plaque de rue londonienne. Après quelques péripéties et accompagnée d’un jeune policier, Andy Jakubiak, elle se lance dans un road-movie dans le but de rendre le corps du jeune garçon à la fille de la photo pour qu’il ait droit à un vrai enterrement.
Un roman qui réussit la prouesse d’être à la fois drôle et profondément politique. On sent toute la colère de l’auteur, lui-même militant des droits humains, dans ce personnage de Cherry qui ne cherche pas seulement à oublier la culpabilité qu’elle ressent depuis le suicide de son fils, mais fait « ce qu’elle estime juste en son âme et conscience » pour essayer, à sa petite échelle, de rendre un peu meilleure une société post-Brexit complètement sens-dessus dessous.
Le récit est mené à un rythme effréné, avec des chapitres courts alternant les voix des différents personnages, tous très bien campés. Préoccupations sociales, dénonciation du système migratoire anglais et de la classe dirigeante, mal-être des jeunes depuis la crise du Covid : autant de questions abordées avec justesse dans ce roman mené tambour battant, qui nous fait plus que jamais comprendre que l’action sera toujours plus efficace que les lamentations et le repli sur soi.
J’ai beaucoup aimé cette course poursuite folle entre les côtes anglaises et Londres. Chaque chapitre présente le point de vue d’un personnage. Les thèmes abordés (immigration, violence policière, suicide…) n’empêchent pas des passages très drôles. Attention c’est un livre difficile à fermer !
À retrouver (entre autres) à la Bibliothèque de Bruz
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