Voir venir est le premier roman de Lucile Novat, autrice et enseignante de lettres dans un collège de Seine-Saint-Denis.
C’est un roman choral où le lieu est un personnage à part entière : la Maison d’éducation de la Légion d’honneur située à Saint-Denis, juste à côté de la nécropole royale (ce lieu existe vraiment !). Un bâtiment austère où gravitent 5 figures féminines : une surveillante originaire de la ville et 4 adolescentes lycéennes dont les pères ou grands-pères ont hérités de la médaille honorifique. Chaque chapitre situe la scène dans un endroit de la Maison (grand escalier, réfectoire…) à une heure précise de la journée. On suit Vanessa, la surveillante et à chacune de ses rencontres, on croise une adolescente. S’en suivent leurs histoires de familles passées, et non sans failles (l’une maltraite son corps dans la gymnastique jusqu’à convulser, l’autre poste des photos d’elle dans son plus simple appareil sur les réseaux…). Au fur et à mesure de la journée, la tension n’a de cesse de monter.
Voir venir est un roman à la fois contemporain pour son style d’écriture directe, brute et exigeant mais aussi complètement anachronique de par le lieu où il se déroule : les lycéennes sont coupées du monde alors que la Maison est dans le département le plus pauvre de France, elles sont habillées en uniformes et doivent répondre à des règles strictes… Des histoires de vie dures où les failles identitaires se renforcent dans des familles dysfonctionnelles pour finir en apothéose. On « voit venir » le drame. Un Virgin suicides contemporain, des références à Barbe Bleue (mieux vaut ne rien voir et ne pas franchir certaines portes restées fermées). Une critique sociale et politique sur le mal-être et la santé mentale des jeunes femmes.
Éditions du sous-sol / 2026
À retrouver dans les bibliothèques de Rennes.


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