Damned, Emmanuel Carrère m’a encore eu !

Comment un type qui ne parle quasi que de lui, qui disserte sur le yoga, le tai-chi et la méditation (que je ne pratique pas), qui souffre de dépression et interpelle le lecteur (pratique casse-gueule dans un livre), bref comment a-t-il pu me happer encore une fois ? Peut être par son sens du mot juste (sa qualité principale dans tous ses livres), son sens de la dérision et sa lucidité envers lui-même, son empathie envers les autres (il sait donner de la carrure à ses personnages réels ou fictifs ; qu’il doit être chouette d’être son ami rien que pour être vu par ses yeux) et puis last but not least, son sens de l’humour (car oui des fois j’ai ri malgré le thème plombant).

2020

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One response to “Yoga /Emmanuel Carrère”

  1. Avatar de Françoise V. (Les Champs Libres - Rennes)
    Françoise V. (Les Champs Libres – Rennes)

    Une autofiction oscillant entre introspection et reportage, « un petit livre souriant et subtil sur le yoga » du point de vue d’un apprenti au long cours, qui raconte la dépression d’un homme dont le couple se délite sans évoquer sa compagne – tout en conciliant les contraires (ce qui est le sens du mot sanskrit yoga qui signifie joug).
    L’auteur recourt aux disciplines visant à travers l’exercice physique (tai-chi, méditation, yoga, arts martiaux) l’élargissement et une transformation de la conscience pour alléger ses peines et s’éloigner de lui-même. La crise existentielle – version pathologique de cette grande loi de l’alternance – s’est doublée de tribulations : retraite intensive de méditation sur le mode de la réclusion volontaire, enterrement de son ami Bernard Maris, long séjour en hôpital psychiatrique, passage à Léros pour se rendre utile auprès de jeunes réfugiés et rencontre avec une professeur d’histoire médiévale américaine à la retraite, cabossée par la vie, mort de son éditeur, son meilleur lecteur.
    Le récit épouse les fluctuations d’une « pensée toxique » qui, faute de parvenir à se fixer, laisse l’esprit se détacher et vagabonder au gré des souvenirs aléatoires répartis en 5 sections, fractionnées en une myriade de courtes séquences titrées.

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