Ça commençait à dater.
Je ne me rappelle même plus le dernier livre lu de Murakami. Certainement un de ses recueils de nouvelles récents.
Après ses magnum opus, « Kafka sur le rivage » et « 1Q84 », ses parutions se sont avérées moins hors-normes, comme si l’âge lissait son écriture.
Comme il l’explique dans sa postface, le point de départ de ce roman se situe précisément en 1980, il avait alors été publié sous la forme d’une nouvelle, uniquement au Japon. Murakami pressentait toutefois le fort potentiel de cette œuvre, longtemps laissée de côté. Ça n’est qu’en 2020, à la faveur du premier confinement, qu’il a décidé de la retravailler.
J’ai entendu des avis mitigés sur ce roman, pour moi ç’a été un plaisir de lecture incroyable. Replonger dans l’univers unique de Murakami m’a sauvé le mois de janvier, pour ainsi dire (!). On se perd, on navigue de surprise en surprise, le fantastique pénètre la réalité dans une évidente japonitude. À certains moments, je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer (déjà) une adaptation cinématographique.
Plutôt épais, ce roman va plaire aux amoureux des livres et aux collègues ; l’essentiel des intrigues se déroule dans des lieux qui nous sont familiers : les bibliothèques ! L’une d’elles est d’ailleurs bien particulière, tout à fait unique en son genre.
Comme à son habitude, il émaille son récit de références musicales (plutôt en seconde partie). Sont évoqués les quatuors à corde de Borodine, le concerto pour viole d’amour de Vivaldi, côté classique. Bien sûr, c’est le jazz qui se taille la part belle, n’oublions pas que l’auteur a tenu un club de jazz à Tokyo dans les 80’s. On retrouve donc Gerry Mulligan, Paul Desmond, ou encore Cole Porter.
Le livre emprunte beaucoup d’éléments au fantastique, sans pourtant limiter son intérêt aux amateurs du genre (dont je ne suis pas). Dans sa dernière partie, je l’ai même trouvé très lynchien. C’est l’occasion de terminer cette chronique en rappelant l’à-propos de David Lynch, qui a choisi de quitter ce monde trois jours avant l’investiture de Trump. Quelle classe, tout de même.
Belfond, 2025
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